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Sergio Ceccotti, "Soupçon"

Galerie Alain Blondel du 28/05/2009 au 31/07/2009

 


Clair-obscur


Musique de table


Bientôt l'été


Huîtres & Champagne


Le Roman d'un été


Comme un rébus


Malinconia italiana


La Robe orange


Le Tunnel de l'Alma


Rue Christine


Le Bonheur, peut-être


Une situation difficile


La Robe verte


Rue de la Gaité


Soir, quai d'Orléans


Fenêtre à Montparnasse


Petit intérieur à Montparnasse


Mélancolie parisienne


Intérieur à Montparnasse


Le Roman d'une nuit


Le Select


Rue Schoelcher



Peintre du soupçon.

Dans le roman Prions pour la mort d'Olivier Gérard (Éditions Bernard Pascuito, 2005), un tableau de Sergio Ceccotti mis à l'encan à Genève se trouve au cœur de l'intrigue :

" Les tableaux de Ceccotti avaient le pouvoir de vous faire pénétrer dans un monde à la fois mystérieux et familier, un monde où se mêlaient le vécu et l'inconnu. Toutes les toiles du peintre étaient une histoire, une énigme : qu'attendait cette femme, à minuit, figée sur son lit, une livre à la main ? Que faisait cet homme d'affaires cramponné à la gouttière du huitième étage, un cri d'épouvante dans la gorge ? Ce couple élégant, qui s'apprêtait à dîner sur sa terrasse au-dessus des jardins de Rome, se déchirait-il ? "

Quoi de plus naturel qu'une peinture de Sergio Ceccotti, lui si habile à confondre réel et fiction, joue un rôle dans une œuvre littéraire ! Sa peinture déconcerte et noue des intrigues mettant des individus aux prises avec la ville. Ici un personnage solitaire écrasé par l'immensité urbaine ; là-bas une jolie femme en tenue de soirée fuyant par le rebord d'un immeuble quelque danger inconnu. Individus au bord du vide.

A la manière d'un cinéaste, le peintre utilise souvent des lieux identifiables pour développer une fiction ou fixer une impression. Quelques objets familiers, emblématiques de la vie " normale ", achèvent le tranquille ordonnancement de la scène : téléphones portables, livres, photos de famille, actualités télévisées, plateau de fruits de mer… Un réseau de significations s'élabore, le mystère s'impose et charge le moindre élément d'une présence incongrue et menaçante. L'insignifiant devient hautement signifiant, sans raison.

Peintre du soupçon, Sergio Ceccotti distille le doute chez le regardeur réduit à l'état de voyeur impuissant. Il s'agit non pas de regarder mais de voir le plus banal objet comme s'il pouvait enfermer une vérité. Aucune piste n'est privilégiée par le peintre. Il ne peut se résoudre à choisir un sens. La résolution du mystère importe moins que le mystère lui-même. Car le but est de susciter de troublants échos à travers l'apparence visible des choses. Là où d'autres préféreraient percer la réalité, le peintre nous laisse à l'extérieur comme on se heurterait à une vitre.

Posture philosophique ? Normalité et quotidienneté recèlent bien souvent plus de secret que l'anormal et l'exceptionnel. Seulement, par normalité, Sergio Ceccotti entend également ce qui est incompréhensible. Il voit le monde comme un rébus : c'est un rébus qui, parce que nous en faisons partie, est éternellement indéchiffrable.

Biographie

Né à Rome en 1935, Sergio Ceccotti étudie d'abord à la Internationale Sommerakdemie für Bildende Kunst de Salzbourg sous la direction d'Oskar Kokoschka. Il suit ensuite les cours de dessin de l'Académie de France à Rome de 1956 à 1961.

À partir de 1960, Sergio Ceccotti expose dans de nombreuses galeries dont la Galerie Alain Blondel qui suit ses travaux depuis la fin des années 1980. Ses peintures sont présentes dans de nombreuses collections publiques et privées en Europe et aux Etats-Unis.